Paul Azinger l'a déjà observé un après-midi alors qu'il était à l'Université. "Il a frappé 50 drives sans utiliser de tees à 250 verges et aucune d'entre elles n'était à plus de 10 verges de l'objectif. Ensuite, il a frappé des fers et prédisait combien de bonds la balle ferait et, en certaines occasions, même avant de frapper la balle. C'était incroyable. "
Moe Norman et un de ses copains Ken Venning jouaient ensemble il y a quelques années à Daytona Beach. Sur un trou, Norman a frappé une balle de chacun des 3 tertres de départ. En marchant, Venning fit remarquer la présence bizarre d'un champignon en plein centre de l'allée. C'était les 3 balles de Moe Norman !
Lee Trevino : "C'est le meilleur ball striker que je n'ai jamais vu. Je ne les ai pas vus tous, mais je ne peux m'imaginer qui pourrait ou aurait pu frapper mieux que Moe Norman. "
Tom Watson a dit : "Je vais vous dire qui est le meilleur ball striker que je connais : Moe Norman. "
Ben Crenshaw : " Remarquable, les gens qui ne l'ont jamais vu ne peuvent savoir jusqu'à quel point il est bon. Vous devez le voir pour le croire. " Sam Snead, Ben Hogan et Ken Venturi ont déjà affirmé qu'il était le meilleur ball striker au golf. Lors d'une partie d'exhibition disputée à Toronto en 1969, Sam Snead avait joué court d'un ruisseau qui traversait l'allée à 240 verges du départ. Moe Norman, lui, avait dit à Snead qu'il utilisait son driver et qu'il passerait sur le pont. Ce qu'il a fait !
Même Moe Norman a dit : " Je suis le meilleur ball striker au monde. Ce n'est pas moi qui le dit. Demandez aux pros de la PGA qui est le meilleur. Pas celui qui réussit les meilleurs scores, mais celui qui frappe le mieux la balle. Seul Ben Hogan pouvait à son apogée frapper la balle aussi bien que moi. "
À l'âge de 70 ans, il conduisait une clinique en Floride à l'Orange County National Golf Center à Orlando. Pendant une heure, il a frappé des balles sans prendre un seul divot, prédisant leur trajectoire et les balles atteignaient toutes l'objectif. Il peut même calotter (topper) la balle avec précision !
Une fois, à l'occasion d'une ronde de pratique, des membres des médias lui ont demandé s'il avait amélioré son putting. Moe a répondu: "Je ne putterai pas aujourd'hui, je ne fais que frapper sur les verts pour m'exercer ! " Sur le premier trou, un par 3 de 230 verges, il a réussi un trou d'un coup ! Un des 18 trous d'un coup qu'il a réalisés. Bien des décades avant le fameux commercial de Nike avec Tiger Woods qui fait bondir une balle de golf avec son wedge, Moe Norman, lui, pouvait marcher 200 verges en faisant bondir une balle abec un bâton de golf ! Un spectateur l'a même défié de faire bondir sa balle au moins 100 fois. Norman a relevé le défi et a du arrêter de faire bondir la balle car c'était à son tour à jouer ! Il était rendu à plus de 200 bonds.
Pourquoi ce golfeur énigmatique n'a jamais percé sur la PGA ?
D'abord, à l'âge de 5 ans, son tobaggan a glissé sur une route et il a été frappé et traîné par une voiture. Cela aurait laissé des séquelles au cerveau. À l'époque, soit durant la Dépression, ses parents n'avaient pas l'argent nécessaire pour le faire soigner. Un de ses frères, Ron, a toujours prétendu que cet accident était une cause des problèmes qu'il a pu connaître par la suite.
L'amour du golf pour Moe Norman a commencé comme bien d'autres, soit en exerçant le rôle de caddie au Westmount Golf and Country Club à Kitchener. Il a laissé l'école en neuvième année pour le golf. Il frappait 800 balles par jour. C'est ainsi qu'il a développé un swing unorthodoxe. Ses caractéristiques: un stance large, les jambes et les bras très droits, il place son bâton plusieurs pouces derrière la balle. À l'adresse, il peut ressembler à un joueur de driving range. Mais lorsqu'il s'élance, son swing est parfait: rythme, efficacité et perfection. Et Norman s'élance en moins de 3 secondes, sans même s'enligner; aussitôt que la balle est sur le tee, elle est presqu'immédiatement frappée ! Il jouait tellement vite qu'une partie à vitesse normale le rendait inconfortable. On l'a vu se coucher dans l'allée dans des tournois faisant semblant de dormir pour signifier son dégoût face à un rythme de jeu trop lent à son goût. Bien souvent, il ne prenait même pas le temps d'aligner ses putts, ratant des occasions splendides de birdies et d'aigles.
De plus, il avait des stratégies particulières pour jouer certains trous. Par exemple, lors d'une partie disputée sur le Royal, au trou no 15, il a demandé quels bâtons il aurait besoin pour atteindre le vert. On lui lui a dit: un driver et un wedge. Norman a d'abord frappé son wedge et ensuite un driver à 3 pieds du drapeau pour un birdie facile ! En une autre occasion, au Lorette, il n'a pas aimé la surface du vert au trou no 1, il a volontairement raté les 17 verts suivants et approché à quelques pouces du trou pour faire 18 pars !
Comme amateur, il a remporté tellement de tournois et a tellement gagné de télévisions, radios ou grille-pain qu'il s'est mis à terminer volontairement deuxième pour obtenir un prix qu'il ne possédait pas déjà. En 1954, par exemple, il a gagné 16 des tournois amateurs auxquels il a participé. En 1955 et en 1956 il a gagné le championnat amateur canadien. Lors de sa première victoire, il n'était même pas présent pour recevoir son prix. Un copain l'a trouvé alors qu'il était caché près d'une rivière adjacente au club de golf. "J'étais trop gêné pour assister aux présentations. " lui a-t-il dit.
En 1956, l'Association royale de golf du Canada l'a averti de ne plus accepter d'argent pour payer ses voyages pour aller à des tournois. Norman fut terrifié et au lieu de se défendre devant l'Association, il a décidé de devenir professionnel en 1957. Il s'est qualifié pour la PGA. Même s'il n'avait pas son égal pour frapper la balle, il était un putter nerveux. Son meilleur résultat fut une quatrième place en 1959 au New Orléans Open. Mais il était mal à l'aise sur ce circuit prestigieux. Alors que les vedettes du circuit étaient habitués aux clubhouses magnifiques, cela indisposait Norman. Au début de 1960, des joueurs réputés de la PGA l'ont apostrophé et dit de mieux s'habiller, de se prendre un caddie ( il avait l'habitude de trainer son sac lui-même à l'épaule) et d'utiliser des tees réguliers et non pas des tees de 6 pouces de haut ou encore des canettes de coke (il pouvait boire près de 2 douzaines de canettes par jour) ! Cet avertissement l'a détruit et il a quitté le tour.
Il a joint le circuit canadien et joué le mini-tour de la Floride durant l'hiver. Au Canada, plusieurs journalistes ont commencé à appeler le circuit canadien le "Moe Norman Circuit". En 1966, il a été victorieux 5 fois et runner-up 5 fois également sur le circuit canadien. Au fil des ans, il a réussi à apprivoiser les foules et a pu donner des cliniques, ce qui lui a procuré certaines sources de revenu.
Quand le circuit canadien a perdu son principal commanditaire en 1977, Moe Nornam s'est retrouvé sans le sou. Il réussissait bien à arnaquer des amateurs qui ne le connaissait pas, mais c'était bien insuffisant pour vivre. Il couchait dans la valise de son auto ou encore sur des bancs de parcs publics. Pendant plusieurs années, il a vécu ainsi. Au début des années 1990, une lueur est apparue. Un physicien, Jack Kuykendall, a développé de manière totalement indépendante une théorie sur un swing parfait qui était une copie conforme du swing de Moe Norman. Kuykendall a fondé une compagnie "Natural golf " et a embauché Norman pour en faire la démonstration.
Quelques années plus tard, soit en 1995, l'Association royale de golf du Canada l'a intronisé à son Temple de la Renommée. La même année, la compagnie Titleist lui a annoncé qu'elle lui verserait 5 000 $ par mois jusqu'à la fin de ses jours.
Durant les dernières années de sa vie, Moe Norman a partagé son temps entre le Canada durant l'été et la Floride l'hiver. Il frappait des balles, conduisait des cliniques de golf et une cadillac ! Il était toujours inconfortable avec le public. Il jouait toujours bien et prétendait qu'il était le seul joueur au monde qui pourrait retrouver sa balle dans la totale noirceur !
Curieusement, ses performances ont été plus appréciées durant les 5 dernières années de sa vie que durant sa carrière active. Enfin, son talent a été reconnu et il etait respecté. Moe Norman semblait plus heureux. " Je suis sur les lèvres de 40 millions de personnes. Celui qui frappe toujours droit. Je suis probablement l'homme le plus riche en feelings au monde ! " disait-il.
Moe Norman a déjà détenu plus de 40 records de parcours. Il en détient encore une trentaine. Il a joué 59 sur 3 parcours, réussi 18 trous d'un coup et 4 albatros.
Plusieurs personnalités du monde du golf ont assisté à ses funérailles dont le numéro 1 mondial, Vijay Singh.
Enfin, voici ses principales réalisations et notes biographiques :
Date de naissance : 10 juillet 1929
Lieu de naissance : Kitchener, Ontario
Principaux tournois remportés ou participations à des compétitions prestigieuses :
International :
America's cup Team member en 1954
World Cup Team member en 1971
Participations au Masters en 1956 et 1957
National :
Canadian amateur champion en 1955 et 1956
CPGA Millar Champion en 1964
Champion de la CPGA, 1966, 1974 et 1980
Champion sénior de la CPGA : 1980 à 1985 et 1987
Provincial :
Québec Open champion en 1966
Ontario Open champion en 1958 et 1963
Manitoba Open champion en 1965, 1966 et 1967
Saskatchewan Open champion : 1963 et 1968
Alberta Open champion : 1966, 1971 et 1976
Enfin, vous pouvez consulter son le site Natural golf pour en savoir plus cette théorie mise en pratique par Moe Norman.